Ronflement féminin : un phénomène sous-estimé

Comprendre les spécificités du ronflement chez les femmes

Le ronflement est souvent perçu comme un problème principalement masculin. Pourtant, les études montrent que les femmes sont loin d’être épargnées.
Si elles sont statistiquement moins nombreuses à ronfler avant 50 ans, la prévalence augmente fortement après la ménopause et reste largement sous-déclarée.
Le ronflement féminin constitue ainsi un phénomène sous-estimé, à la fois par les patientes elles-mêmes et par le milieu médical.

Comprendre ses mécanismes, ses caractéristiques et ses facteurs propres permet d’améliorer le diagnostic et la prise en charge.

1. Prévalence réelle : les femmes ronflent beaucoup plus qu’on ne le pense

Les données classiques suggèrent que 20 à 30 % des femmes ronflent régulièrement, contre 40 à 50 % des hommes.
Mais plusieurs travaux récents montrent que ces chiffres sont biaisés par une sous-déclaration féminine.

Pourquoi les chiffres sont-ils sous-estimés ?

  • Gêne ou tabou social autour du ronflement
  • Ronflement intermittent
  • Plus grande fréquence de femmes dormant seules après 60 ans
  • Symptômes subjectifs différents
  • Auto-évaluation moins précise

Une étude norvégienne publiée en 2019 a montré que lorsque le ronflement est mesuré objectivement par enregistrement nocturne, la prévalence féminine double presque par rapport à l’auto-déclaration¹.

Après la ménopause, la prévalence augmente fortement

Les variations hormonales (chute des œstrogènes et de la progestérone) réduisent la tonicité musculaire pharyngée.
Plusieurs analyses cliniques montrent que la prévalence du ronflement chez les femmes rejoint progressivement celle des hommes entre 55 et 70 ans².

2. Les mécanismes physiologiques propres au ronflement féminin

Le rôle des hormones féminines

Les œstrogènes et la progestérone influencent :

  • la tonicité des muscles pharyngés,
  • la stabilité de la respiration,
  • la régulation de la sensibilité au CO₂.

La diminution de ces hormones rend les voies aériennes plus vulnérables au rétrécissement, favorisant ronflements et apnées.

Variations du cycle menstruel

Certaines femmes constatent une aggravation du ronflement :

  • en phase lutéale,
  • en période prémenstruelle,
  • pendant la grossesse (prise de poids, œdème des tissus, congestion nasale).

Ces liens sont bien documentés dans la littérature spécialisée³.

Morphologie des voies aériennes

Les femmes présentent :

  • un pharynx en moyenne plus étroit,
  • une distribution différente des graisses cervicales,
  • une plus grande sensibilité hormonale des tissus mous.

Avec l’âge et la ménopause, ces caractéristiques favorisent l’apparition d’un ronflement tardif mais parfois marqué.

3. Ronflement féminin et santé : quelles conséquences spécifiques ?

Fatigue et somnolence sous-estimées

Les femmes décrivent plus souvent :

  • un sommeil fragmenté,
  • des réveils fréquents,
  • un sommeil non réparateur,
  • des maux de tête matinaux.

Elles rapportent moins de pauses respiratoires observées et moins de somnolence diurne sévère.

Conséquence : les troubles respiratoires féminins sont diagnostiqués plus tardivement⁴.

Risques cardiovasculaires

Après 50 ans, les femmes sont particulièrement vulnérables aux effets du ronflement chronique.
Des travaux récents montrent que les femmes ronflant régulièrement présentent :

  • un risque accru d’hypertension,
  • des altérations vasculaires,
  • un risque cardiovasculaire plus élevé.

Une étude de 2019 montre que ce risque augmente même en l’absence d’apnée sévère⁵.

4. Pourquoi le ronflement féminin est-il moins diagnostiqué ?

En raison de symptômes différents et moins bruyants, les femmes passent plus souvent « sous les radars » du diagnostic.

Les raisons incluent :

  • symptômes plus discrets,
  • moins de témoins du sommeil,
  • expression différente de la fatigue,
  • biais historiques dans les questionnaires et études cliniques.

Une étude a montré que les femmes sont diagnostiquées 4 à 5 ans plus tard que les hommes pour une apnée du sommeil équivalente⁴.

5. Solutions adaptées pour réduire le ronflement féminin

Conseils pratiques

  • Dormir sur le côté pour réduire l’obstruction pharyngée.
  • Surélever légèrement la tête.
  • Traiter la congestion nasale.
  • Limiter alcool et sédatifs le soir.
  • Maintenir un poids stable.

Orthèses d’avancée mandibulaire

Les orthèses avancent légèrement la mâchoire, libérant l’espace pharyngé.
Elles sont particulièrement adaptées aux femmes car elles :

  • nécessitent moins de force de propulsion,
  • sont efficaces dans le ronflement simple,
  • conviennent aux anatomies mandibulaires plus fines.

L’orthèse Oniris Plus® offre :

  • un réglage précis et progressif,
  • un volume réduit pour un meilleur confort,
  • une adaptation idéale aux gabarits faciaux plus fins.

Quand consulter ?

Une évaluation médicale est recommandée si :

  • le ronflement apparaît soudainement,
  • il s’aggrave avec le temps,
  • le sommeil devient non réparateur,
  • des pauses respiratoires sont suspectées.

Conclusion

Le ronflement féminin est encore trop souvent minimisé, alors qu’il reflète des mécanismes hormonaux, respiratoires et anatomiques spécifiques.
Après la ménopause, son impact sur la qualité du sommeil et la santé cardiovasculaire devient particulièrement important.

En combinant une hygiène de vie adaptée, un dépistage précoce et des solutions efficaces comme les orthèses Oniris, il est possible de réduire le ronflement et d’améliorer durablement la qualité du sommeil.

Notes et références

¹ Étude norvégienne (2019) – Tromsø Study.

² Bixler EO et al. (2001).
Effects of age, sex, and ethnicity on sleep apnea. Sleep.

³ Pien GW, Schwab RJ (2004).
Sleep disorders during pregnancy. Sleep.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15586794/

Valipour A et al. (2007).
Gender-related differences in symptoms of patients with suspected breathing disorders in sleep. Sleep Medicine.

Li Y et al. (2019).
Self-reported Snoring and Incident Cardiovascular Disease in Women.
Journal of the American Heart Association.
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6692255/