Qu’est-ce que la polygraphie ventilatoire ?

Publié il y a 56 jours - Troubles du sommeil

Il existe de nombreux tests capables de déterminer la qualité du sommeil. La polygraphie ventilatoire en fait partie. En quoi consiste cet examen ? Dans quels cas le passer ? La polygraphie ventilatoire est-elle un examen suffisant pour détecter de graves troubles, comme l’apnée du sommeil ? Comment décrypter un rapport de polygraphie ventilatoire ? Après la lecture de ces quelques lignes, la polygraphie n’aura plus de secrets pour vous.

Qu’est-ce qu’une polygraphie ventilatoire ?

On assimile souvent la polygraphie ventilatoire à la polysomnographie : c’est une erreur. En effet, ces deux examens du sommeil sont bien différents, notamment au niveau de leurs déroulements.
La polygraphie est un examen ambulatoire, c’est-à-dire un examen médical ne nécessitant pas d’hospitalisation. Les données relatives au sommeil du patient sont analysées via un polygraphe ambulatoire, un petit appareil portatif. Cet appareil est mis en place sur le patient par une infirmière, qui profite de ce moment pour lui expliquer comment poser la canule nasale et tous les éléments de l’appareil, chez lui, avant de dormir.
Cet appareil présente plusieurs capteurs, destinés à mettre en lumière les signes de troubles du sommeil :

  • Une thermistance naso-buccale, permettant de prendre la température du patient ;
  • Une canule nasale ;
  • Des capteurs de mouvements respiratoires ;
  • Un oxymètre de pouls, permettant de mesurer la quantité d’oxygène circulant dans les artères ;
  • Un capteur de ronflement, situé à la base du cou ;
  • Un capteur de position du corps ;
  • Des sangles abdominales et thoraciques.

À l’aide de ces différents récepteurs, on peut mesurer et enregistrer :

  • Le débit respiratoire ;
  • L’effort thoracique ;
  • L’effort abdominal ;
  • La saturation d’oxygène ;
  • La fréquence cardiaque ;
  • La position du corps pendant le sommeil.

Ces différents capteurs permettent d’enregistrer un certain nombre de données, pouvant être transférées sur ordinateur. Elles doivent alors être analysées par un médecin, qui, en fonction des résultats, décide ou non de proposer des examens complémentaires.

Dans quel cas passer un examen de polygraphie ventilatoire ?

Il n’est pas possible de passer un examen de polygraphie ventilatoire sur simple demande : c’est une prescription médicale, établie par un médecin généraliste, un ORL, un pneumologue, un orthodontiste ou un spécialiste du ronflement. La polygraphie est principalement proposée aux patients suspectés de souffrir d’apnée du sommeil, de ronflements ou d’hypopnée.

Dans le cas où le patient souffre d’apnée du sommeil, la polygraphie permet de chiffrer le nombre d’arrêts respiratoires et leur durée. Ces chiffres, une fois interprétés, permettent de savoir s’il s’agit d’apnées du sommeil obstructives ou non.

La lecture d’un rapport de polygraphie ventilatoire

Après une nuit passée chez lui avec l’appareil, le patient doit débrancher les capteurs et rapporter l’enregistreur au cabinet du médecin ou dans le service hospitalier adéquat. Les données récoltées sont alors examinées et interprétées par un pneumologue. Grâce à elles, il établit un Index d’Apnées-Hypopnées (IAH). Ce dernier permet de diagnostiquer l’apnée ou l’hypopnée du sommeil, sachant que :

  • Le syndrome d’apnée du sommeil est défini par une interruption complète du débit aérien naso-buccal ou de la respiration pendant 10 secondes ou plus.
  • L’hypopnée est une interruption partielle de 30 % du débit aérien. En sa présence, la saturation de la circulation sanguine baisse de 3 à 4 % minimum. Certains spécialistes s’entendent sur une durée d’événement de 10 secondes, comme pour l’apnée.

De manière plus générale, on considère qu’un IAH :

  • Entre 0 et 5 est normal ;
  • De plus de 15 événements par heure est signe de la présence d’une maladie ;
  • Inférieur à 30 événements par heure : un essai de traitement est préconisé chez les personnes présentant des symptômes uniquement ;
  • De plus de 30 événements par heure doit nécessiter un essaie de traitement, quels que soient les symptômes manifestés par le patient.

Quelles sont les limites de la polygraphie ventilatoire ?

Les résultats d’une polygraphie ventilatoire nocturne peuvent parfois être faussés. C’est notamment le cas en présence d’un sommeil particulièrement fractionné : l’index d’apnée peut se trouver sous-estimé. La polygraphie n’est donc pas toujours suffisante. De nombreux pneumologues choisissent de prescrire une polysomnographie en complément à leurs patients, surtout lorsque les résultats de la polygraphie sont négatifs, alors qu’il existait une forte présomption d’apnée obstructive du sommeil.

La polysomnographie, est un examen plus lourd et nécessite une hospitalisation du patient. Bien que son mécanisme soit plus contraignant qu’une polygraphie, ses résultats sont plus précis. Ils permettent d’évincer les troubles du sommeil obstructif, mais aussi de mettre en avant différents troubles du sommeil comme un état dépressif ou un syndrome des jambes lourdes. La polysomnographie permet de mesurer les facteurs suivants :

  • La position et les mouvements du dormeur ;
  • Les mouvements oculaires ;
  • Les différents stades du sommeil ;
  • La durée des périodes d’éveils ;
  • Le nombre de micro-réveils ;
  • L’activité cérébrale ;
  • Les variations du taux d’oxygène dans le sang ;
  • L’activité musculaire du menton et des jambes.

La polysomnographie est capable de prendre bien plus de mesures que la polygraphie : les mouvements des yeux, l’activité électrique des muscles, du cœur, l’activité électrique du cerveau et la pression œsophagienne.

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